Le lotissement a été créé en 2004. Ces terres étaient d’anciens vergers d’où le choix du conseil municipal de nommer les rues de cette résidence avec des noms de pommes, prunes et cerises.

Reine Claude :
La reine-claude a été « créée » en France suite à la découverte d’une prune verte sur un arbre importé d’Asie. Ces prunes ont été nommées ainsi en l’honneur de Claude de France (1499-1524), femme de François Ier et surnommée « la bonne reine ». Cette prune vert-doré, parfaite à déguster sous l’arbre, est assez grosse et sucrée. L’arbre est très productif et se couvre intégralement de fleurs blanches fin avril. Elle est récoltée en été, entre juillet et août.
Belle Joséphine :
Elle serait une pomme de la Brie du canton de Crécy et serait dérivée ou serait de la variété des « Belle Fleur » ou des « Bon Pommier » du Nord.
Cette grosse pomme, pouvant parfois dépasser les 400gr, est mûre en octobre et se conserve jusqu’en fin d’hiver. Sa peau est verte, jaune et rouge, et sa maturité arrive en hiver. Moyennement sucrée et peu acidulée, elle est surtout utilisée cuisinée. Elle jouit d’une grande faveur particulièrement dans les cantons de Crécy où elle domine, Lagny et Meaux, c’est la pomme la plus connue en Brie !
Faro :
Parmi les nombreuses variétés de pommes que propose la Brie, la plus fameuse est la pomme Faro.
Cultivée dès le Moyen-Âge (cette pomme est évoquée dans des documents datés de 1350), la pomme Faro est de loin la pomme la plus ancienne et la plus célèbre de Brie.
En ancien français, « faro » désignait ce qui est fort, vif et rigoureux. Cela s’applique particulièrement à l’arbre de la pomme Faro, reconnaissable par son branchage emmêlé et vigoureux.
Quant à la pomme Faro, elle est d’un gros volume et de couleur rouge sang. Elle est tendre, sucrée et légèrement acidulée.
La pomme Faro est à déguster nature, en tarte ou en cidre !
Pomme d’api :
L’origine de cette pomme serait une pomme sauvage trouvée dans la forêt d’Apis, en Bretagne. Elle a donné son nom à la célèbre chanson « Pomme de reinette et pomme d’api ». C’est une pomme de petite taille, dont une des faces, caressée par le soleil, s’orne d’un rouge vif d’où le fameux « d’api, d’api rouge » ! C’est un fruit de très bonne qualité à la chair très blanche, peu acidulée, sucrée, parfumée, assez bonne crue et cuite, à consommer de janvier à février.
Coeur de Pigeon :
Le cerisier « coeur de pigeon » donne de gros fruits d’un superbe jaune-paille taché de rouge-carmin à chair ferme, croquante, sucrée et acidulée. Ces bigarreaux se récoltent entre fin-juin et début juillet. Sa chair blanc-crème est ferme et délicieusement sucrée, c’est un des meilleurs bigarreaux bicolore.
Elle pousse sur un arbre de taille moyenne aux feuilles dentées de couleur vert foncé virant au jaune-rouge à l’automne, et à la floraison blanche massive en avril.
Gendreville :
Très répandue dans la Brie, on pense qu’elle est originaire de cette région. C’est une pomme à peau lisse, brillante, vert jaunâtre presque complètement recouverte de fin carmin, tachée de fauve autour du pédicelle. Sa chair est verdâtre, fine, juteuse, assez sucrée et parfumée, légèrement acidulée. Elle est surtout cultivée en verger où elle donne une production tardive mais abondante. Elle est de bonne qualité et de très bonne conservation.
Texte réalisé avec l’aimable participation de J.P. FAURY, Grand Maître et fondateur de la confrérie des Chevaliers de la pomme de Villiers-sur-Morin.
Autrefois terres agricoles à l’écart du centre d’Esbly, les Champs Forts doivent leur nom à la nature même du paysage, de vastes champs, exploités par les agriculteurs jusque dans les années 1960.
Dans les années 1970, la commune décide de transformer ces terrains en nouveau quartier résidentiel. Il est organisé autour de voies paisibles, de zones piétonnes et d’espaces verts.
Il est rapidement complété par une école élémentaire du même nom, et du collège Louis Braille à proximité.
En 1976, une gare ferroviaire est inaugurée sur la ligne Esbly-Crécy-la-Chapelle, permettant notamment aux collégiens de rejoindre leur établissement. Mais au fil du temps, la gare connaît une telle baisse de fréquentation, qu’elle finit par être fermée en 2008.
Aujourd’hui, les Champs Forts représentent un quartier emblématique de l’extension d’Esbly dans la seconde moitié du XXème siècle.
Toujours dynamique, il conserve la mémoire de cette époque de transformation et d’adaptation, marquant le passage d’un territoire rural à une zone résidentielle ancrée dans la vie esblygeoise.


La rue Victor Hugo est probablement la plus ancienne rue d’Esbly. On en voit le tracé sur les cartes de Cassini au 18ème siècle. Ce n’était certainement qu’un chemin reliant le château et le moulin à Coupvray.
Elle prend le nom de rue du « Greffier » en référence à Jean BOIVIN, greffier en la Prévosté d’Esbly qui y résidait. En 1705 Marguerite LUCAS, son épouse, y décède. Par la suite, le « greffier » ayant depuis longtemps disparu, elle devient « Grande Rue ». Son tracé apparaît toujours sur le plan d’intendance de 1777. Elle fut également appelée pendant longtemps la « Rangée des Noyers ».
Elle deviendra la rue Victor HUGO, suivant la délibération du Conseil Municipal en date du 12 juin 1900, approuvée par le président de la République Emile LOUBET.
« Les souvenirs sont nos forces ». V. Hugo
Actuellement principale rue d’Esbly, elle n’était qu’un chemin au 18ème siècle.
Les constructions se faisant plus nombreuses, elle prit le nom de rue d’Hermières, car elle menait à la ferme du même nom, située approximativement vers la gare.
Elle prit le nom de Grande Rue par la suite, vers 1860, à l’arrivée du chemin de fer.
Les trottoirs et les caniveaux furent créés, et elle fut empierrée en 1899, car auparavant ce n’était qu’un bourbier.
En 1902, arrive l’éclairage au gaz. Auparavant, il y avait des becs alimentés par du pétrole. L’eau arrivera en 1912, et l’électricité en 1927 pour l’éclairage public.
Vers 1880 elle devint la rue du chemin de fer, ou rue de la gare. C’était l’artère principale qui menait à Meaux, après la construction du pont sur la Marne.
ANECDOTE : Vers 1895, une famille de parisiens, Mr et Mme NIVOIT, inspecteurs des Eaux et Forêts, venait tous les ans passer ses vacances au 27 de la rue du général Leclerc. Ils avaient deux enfants, dont la fille Jeanne Emilie, épousera en 1902 Albert LEBRUN, futur président de la République.
Elle prit le nom du général Leclerc après la seconde guerre mondiale, vers 1948.
La création d’une route déviant le centre en 1958, facilite la circulation. Elle menait naturellement à la gare, et au passage à niveau qui disparut dans les années 75-80, avec la maison du garde barrière.
Ce nom masculin est lié à l’agriculture. En fait, il s’agit d’une orthographe désuète d’andain.
A l’époque, le foin coupé à la faux et disposé sur le sol en bandes séparées par des intervalles à peu près égaux, est disposé en andain ou andin.
D’autres disent en ondain, peut-être parce que ces bandes peuvent laisser penser aux ondes ou aux vagues de la mer.
Laisser andiner les avoines, c’est les laisser quelque temps en andin, pour en compléter la maturité, et faire renfler le grain grâce aux rosées ou aux pluies.
Dans certaines régions, en Beauce par exemple, on distingue deux sortes d’andains : l’andin proprement dit, et le sangle. Le premier est toujours formé de deux couches l’une sur l’autre, dont les épis sont en sens contraire. S’il fait du vent, le faucheur est obligé de sangler, c’est-à-dire, de revenir à l’autre extrémité du champ sans faucher, quand il est au bout de ce qu’il a embrassé, et de recommencer à chaque fois une nouvelle couche simple.
(Sources : Alexandre-Henri Tessier, André Thouin, Auguste Denis Fougeroux de Bondaroy, Encyclopédie méthodique, tome premier : Agriculture, 1787).
Au sud d’Esbly, une petite rue porte le nom de Brice Parain. Seine-et-marnais d’origine, cet intellectuel discret et méconnu du grand public fut un grand philosophe et essayiste (1897-1971).
Surnommé le Sherlock Holmes du langage, Brice Parain a étudié avec obsession les mots et leurs origines. Surtout, il a passionnément aimé les langues orientales.

Auteur de nombreux essais sur ces questions, ce littéraire et philosophe a été très proche d’Albert Camus et des frères Gallimard, avec lesquels il a collaboré au lancement de la maison d’édition.
Il a dirigé ensuite la collection « l’Encyclopédie de la Pléiade » et a traduit les textes russes de l’éditeur.
Toute son existence, Brice Parain s’est penché sur les grands mouvements intellectuels et politiques de son temps. Il a séjourné en Russie en 1925, mais a pris ses distances avec le système quelques années plus tard.
Né à Courcelles-sous-Jouarre, il a passé son enfance et son adolescence à Verdelot. S’il a vécu ensuite à Sceaux, Brice Parain aimait venir séjourner dans sa maison de Verdelot nommée « le Pressoir ». Il y est enterré en 1971, aux côtés de son épouse, la peintre Eliane Peres.
Proche d’artistes « en recherche », Brice Parain a aussi fait deux apparitions au cinéma : on peut le voir dans « Vivre sa vie » de Jean-Luc Godard, où il s’entretient avec Anna Karina dans un café parisien, ainsi que dans « l’Entretien sur Pascal » (1965), d’Éric Rohmer.
François Couperin : du siècle des Lumières… à la rue illuminée
La rue François Couperin d’Esbly est née avec le quartier des Champs-Forts, dans les années 1970. Plusieurs fois lauréate du concours des illuminations de la ville, elle porte le nom du plus illustre musicien de la famille Couperin, originaire de la Brie.
Issu d’une dynastie de musiciens de talent, François Couperin reste dans les mémoires comme le claveciniste de la cour du roi Louis XIV.
Mauvais en orthographe, génie de l’orgue
Il nait à Paris mais sa famille vit depuis au moins deux générations à Chaumes-en-Brie. Son grand-père y habite une modeste maison de deux pièces et acquiert la foulerie (bâtiment où l’on foule le raisin) du village, que François Couperin revendra en 1732.
Les Couperin comptent de nombreux musiciens : le père de François, ses frères, son oncle Louis… c’est tout naturellement que le jeune garçon suivra la lignée paternelle comme organiste. Et c’est sans doute mieux ainsi ; le timide François, virtuose de la portée, n’a pas suivi de hautes études générales : son style et son orthographe laissent beaucoup à désirer, d’après la légende !
Un modeste surnommé « Le Grand »
François Couperin met tout son talent au service de Louis XIV. Bien que fuyant les honneurs et les mondanités, il s’impose comme compositeur pour le roi et professeur de clavecin de la famille royale. Discret, modeste et de santé fragile, il compose des pièces pour orgue et clavecin poétiques et mélancoliques, saluées par ses pairs pour leur grande qualité. L’auteur de l’Art de toucher le Clavecin et de la Leçon des Ténèbres laissera une œuvre considérable.
Il sera surnommé « le Grand » après sa mort, à l’aube du siècle des Lumières.
Vainqueur du tour de France en 1911, Gustave Garrigou est une figure emblématique du cyclisme français. Cet Esblygeois d’adoption a été honoré le 17 septembre 2005.
HIER
Cyprien Garrigou est né le 24 septembre 1884 dans un petit village du Rouergue. Très tôt, il se passionne pour le cyclisme, mais son père s’oppose à sa vocation naissante : il préfère le voir remuer les sacs de pommes de terre dans l’épicerie familiale. Pour s’affranchir de la pression paternelle, le jeune homme décide alors de changer son prénom en Gustave. Révolté et passionné, il deviendra un géant de la route …
Le palmarès de Gustave Garrigou est impressionnant. Il participe à de nombreux Tours de France et se distingue plusieurs années consécutives. Lorsqu’en 1910, les Pyrénées débarquent dans le Tour, il est le seul à franchir le col du « Tourmalet », culminant à 2 115 mètres, sans mettre pied-à-terre. Pour cet exploit, il recevra une prime de 100 francs !
L’année suivante, ses efforts trouvent la plus belle des récompenses : il remporte le Tour ! Grâce à son vélo équipé de deux pignons sur le moyeu arrière, il atteint une moyenne kilométrique de 27,322 km/h. L’ancêtre du dérailleur apparaît ainsi, avec un nombre de dents différent selon la topographie du parcours. Cette année-là, le col savoyard du « Galibier » (2 646 mètres) est monté pour la première fois.
Ce n’est qu’à l’âge de 72 ans qu’il décide de troquer son vélo pour une voiture. Malheureusement, il s’en servira très peu : une congestion pulmonaire l’emporte en 1963, dans sa 79ème année. Ce grand sportif, habitant d’Esbly, repose au nouveau cimetière de la commune.
UN BRILLANT PALMARES
1907
– 1er du championnat de France sur route
– 1er du Tour de Lombardie
– 1er de Paris – Bruxelles
– 1er des 10ème et 12ème étapes du Tour de France
1908
– 1er du championnat de France sur route
– 1er des 2ème et 3ème étapes du Tour de Belgique
1909
– 1er de la 12ème étape du Tour de France
1910
– 1er du circuit de Brescia
– 1er de la 13ème étape du Tour de France
1911
– 1er du Tour de France
– 1er de Milan-San Rémo
1913
– 1er de la 8ème étape du Tour de France
1914
– 1er de la 11ème étape du Tour de France.
AUJOURD’HUI
La rue jouxtant le stade a été baptisée à la mémoire de ce grand champion.
Cet hommage lui a été rendu lors du forum des associations de 2004.
A cette occasion, Madame Valérie Pottiez-Husson, alors Maire d’Esbly et Conseillère Générale du Canton de Crécy-la-Chapelle, Jean-Marie Leblanc, alors directeur de la société du Tour de France, Jean Pitallier, alors président de la Fédération française de cyclisme, Guy Drut, alors député maire de Coulommiers, Michel Houel, alors sénateur maire de Crécy-la-Chapelle, ainsi que de nombreux maires et présidents d’associations, ont coupé le traditionnel ruban tricolore et ont dévoilé le panneau de la rue Gustave Garrigou. Pour achever la cérémonie, une gerbe a été déposée sur la tombe du cycliste.
« Nous avons choisi les journées du Patrimoine pour mettre à l’honneur ce que nous avons de plus précieux ! Notre passé, notre présent et notre avenir », a déclaré Madame Valérie Pottiez-Husson dans son discours inaugural. « Toute cette journée va être sous le signe de ce symbole. Nous sommes là, réunis, pour à la fois honorer un héritage, lui rendre hommage ; nous réjouir de voir qu’aujourd’hui la passion et l’effort sont encore des valeurs bien présentes et manifester notre confiance en l’avenir que nous essayons, nous élus, présidents d’associations bénévoles de construire et d’encourager ».
Officier de la Marine française, Georges Hébert est l’inventeur d’une méthode d’éducation physique qui fut appliquée par l’Armée française pendant la première guerre mondiale. Le père de la « Méthode naturelle », ou Hébertisme, a donné son nom à une rue de la résidence des Champs-Forts à Esbly.
Né à Paris le 27 avril 1875, Georges Hébert est officier dans la marine française. Il peut, à l’occasion de ses voyages dans les contrées lointaines, observer les hommes et les femmes des peuplades qu’il côtoie. Il se rend compte à la fois de leur beauté et de leur vigueur. Et pourtant, ces hommes et ces femmes n’ont d’autres moyens de mise en condition physique que la pratique de leurs activités quotidiennes.
Georges Hebert est préoccupé d’éducation physique. Son intuition va consister à mettre au point une « Méthode naturelle » en utilisant des mouvements et des activités ordinaires visant à développer les qualités physiques que sont l’endurance, la résistance, la force, la souplesse et la coordination.
« Être fort pour être utile »
Les influences de l’œuvre d’Hebert ne peuvent se résumer à l’observation des seules peuplades qu’il côtoie. C’est ainsi qu’il assiste, en 1902, à la destruction de la ville de Saint Pierre de la Martinique, suite à l’éruption du volcan de la Montagne Pelée. Georges Hébert et des hommes intrépides assurent le sauvetage de 700 personnes. Il se rend alors compte qu’en de telles circonstances, seuls les hommes physiquement et moralement forts peuvent se rendre utiles.
La Méthode naturelle, et c’est fondamental, est bien plus qu’une méthode d’éducation physique. C’est aussi une méthode d’éducation morale : la recherche d’une bonne condition physique doit être orientée motivée par un objectif ultime, lequel est résumé dans la devise de Georges HEBERT: « Être fort pour être utile ».
Éducateur dans la Marine
Ayant choisi sa voie d’éducateur, Hébert adresse un rapport à l’état-major de la Marine, dans lequel il exprime son désir de former des hommes vigoureux selon les principes de la « Méthode naturelle ». En 1905, il est affecté à l’école des fusiliers marins de Lorient où il restera jusqu’en 1914. Il y perfectionne et révolutionne même l’entraînement physique et surtout, lui confère un but altruiste qui convient bien aux militaires en temps de paix : sauvetage en mer, transport de blessés, secours lors de catastrophes, etc.
Mise en condition physique de l’Armée pendant 14-18
Une campagne de presse établit la notoriété de la gymnastique d’Hébert que la renommée appelle bientôt et encore aujourd’hui Hébertisme.
Durant la guerre (14-18), Hébert joue un rôle prépondérant dans la mise en condition physique de l’armée où sa méthode est généralisée.
À partir de 1920, il oriente son action principalement vers les enfants et les femmes. Il organise l’éducation physique dans de nombreux établissements et forme des cadres à cet effet.
À sa mort, le 2 août 1857, Hébert laisse derrière lui une abondante littérature. De façon prémonitoire, il dénonce, dans un ouvrage intitulé « Le sport contre l’éducation physique », les abus du sport de compétition.
VOUS AVEZ DIT COMMANDANT BERTHAULT ?
Nombre d’Esblygeois se demandent sûrement qui est ce militaire qui a donné son nom à une rue de la ville, et certains n’ont sûrement jamais prêté attention aux deux bustes existants de ce personnage ; l’un entre le Centre de Loisirs et la Perception, l’autre dans la salle du conseil municipal. Et pourtant cet Ernest, Stanislas BERTHAULT fils de Jean-Pascal épicier d’Esbly, ancien soldat de l’empire et d’Emilie, Victorine SISSONGE a vu le jour le 26 février 1845 dans notre cité et eu une vie hors du commun.
Il devient bachelier après de brillantes études et à vingt ans est titulaire de plusieurs diplômes et pas des moindres :
– Bachelier en lettres
– Bachelier en sciences
– Bachelier en arts
– Lauréat du grand concours de mathématiques en 1865
– Diplômé de l’école professionnelle de Melun
– Officier de l’instruction publique Membre de la société géographie, excusez du peu !
Il désire accéder à l’école supérieure militaire de Saint-Cyr. Une demande de bourse et trousseau est formulée auprès de la municipalité. Le conseil délibère et recommande à la bienveillance de « Monsieur le Ministre » le jeune Berthault !

Il entre au 14ème de ligne le 4 novembre 1865 comme engagé volontaire, puis sert au 81ème RI, avant d’intégrer l’école impériale spéciale militaire le 22 octobre 1868 en qualité d’élève.
Caporal, puis sergent, il en ressort au 38ème rang sur une promotion de 259 officiers, gagnant au passage le prix de meilleur tireur de l’école !
Promu sous-Lieutenant au 92ème de ligne le 14 août 1870, il effectue aussitôt de nombreuses campagnes en Algérie, Tunisie et en Afrique noire jusqu’en 1884, où il exécute également des missions topographiques.
Capitaine en novembre 1874, nommé officier d’académie le 14 juillet 1880 et fait Chevalier de la Légion D’Honneur le 13 juillet 1881, il est également titulaire de la médaille d’Honneur Sauvetage !
Dès 1885, on le retrouve au Tonkin (delta du fleuve rouge, région nord du Vietnam) juqu’en 1888. Fait officier de la Légion d’Honneur le 28 novembre 1889, il retourne au Tonkin en 1891 comme Chef de Bataillon attaché à l’Etat Major Général.
Il y décède le 31 mars 1892 d’une péricardite à l’hôpital de Hanoï.
Expert en cartographie, ses différents chefs de corps l’ont toujours noté comme un officier rigoureux, dévoué, serviable, d’une instruction scientifique des plus variées et des plus étendues. C’est un érudit disaient ils !
La commune a donné son nom à une rue et a élevé un monument à sa mémoire le 30 septembre 1895. Ce buste en bronze fût enlevé par les Allemands en 1942. Ce n’est qu’en 1988, le 18 juin jour symbolique s’il en est qu’il fût réinstallé après restauration devant les personnalités civiles et militaires.
Le Commandant BERTHAULT est également Officier du Cambodge, Médaille du Tonkin, Officier de l’ordre de Nichau Iftikhar(1), Commandeur de l’Annam(2) et fait l’objet de plusieurs citations.
Voilà, maintenant que vous en savez plus. Quand vous passerez devant le monument du Commandant BERTHAULT, peut être le regarderez vous différemment ?
Portrait dressé avec l’aide du Comité du Souvenir Français d’Esbly.
(1) Tunisie
(2) Région du Vietnam.
Tout le monde connait la statue de la vierge implantée dans le mur de la maison sise au 56, rue Victor-Hugo. Mais quelle est son histoire ?

En 1874, Louis LANG, ferblantier*, dont l’entreprise est située à Montreuil (93) au 42 rue de la croix doucette, vient s’installer à Esbly.
Il fabriquait des réchauds à alcool à brûler. Lors de l’exposition universelle de 1867 à Paris, et celle de 1868 au Havre, il obtient une mention « honorable ». En 1878 à Paris lors de l’exposition universelle internationale, il obtiendra le grand prix.
En signe de reconnaissance, il fera installer une vierge dans le mur de sa maison, après avoir obtenu l’accord de ses voisins.
Il décède en 1891 à Esbly, après son épouse décédée en 1888.
*Ferblantier : Celui qui fabrique ou qui vend des outils ou ustensiles en fer-blanc, souvent ménagers tels que les casseroles, bassines, assiettes, lanternes en fer recouvert d’une fine couche d’étain. Métier pratiquement disparu aujourd’hui.
« LE PONT EN BOIS » ou « PONT SUSPENDU »
Le Canal de Chalifert est en activité depuis plus de 150 ans. Reliant les deux extrémités d’une boucle de la Marne, il permet une circulation fluviale entre la Seine et l’est de la France. Le Pont d’Esbly est l’un des derniers ponts en bois, quasi d’origine, traversant le canal.
Ouvrage construit entre 1845 et 1850, il a une double particularité : une association de deux matériaux, le bois et la pierre, et un procédé novateur pour l’époque puisqu’il est suspendu : deux câbles transversaux maintiennent les poutres latérales par deux jeux de vingt et une suspente.
D’une ouverture de 28 mètres, le tablier en chêne livre passage à une voie de 3,35 m.
Sur chaque rive, une culée massive en maçonnerie de moellons est appareillée pour
laisser passer les deux câbles.
Ceux-ci s’engouffrent ensuite dans 2 regards contenant des contrepoids.
Une inspection technique faite en avril 2004 a révélé différents désordres sur l’ouvrage, mettant en doute sa stabilité, d’autant qu’il est ouvert à la circulation piétonne mais aussi aux véhicules de moins de 1,5 tonne.
Les consultations des entreprises ont été faites en août 2004, mois peu stratégique pour les
appels d’offres dans la mesure où bon nombre d’entreprises sont fermées, et beaucoup de
personnes de la SEGEX sont en vacances.
Le dossier de consultation, peu épais et peu documenté (comme cela arrive assez souvent), ne présentait aucune orientation sur le type et la nature des travaux à réaliser, si ce n’est sécuriser l’ouvrage. Il fallait proposer des travaux de réparation en mettant en valeur l’expérience et le savoir-faire de l’entreprise.
Dès lors, un travail d’équipe a permis de proposer un devis tenant compte d’une base mettant en valeur les réparations impératives, et diverses options apportant à l’ouvrage plus de sécurité et d’esthétique.
Le dossier administratif présentait également certaines difficultés à connaître les pièces
attendues (consultation, devis, appel d’offres ouvert ou restreint).

Les travaux ont débuté le 10 mai 2005, et ont été réalisés en plusieurs phases :
• Nettoyage général de l’ouvrage, retrait des terres stockées entre les lames du tablier
• Nettoyage des culées, réparation des trous existants dans la pierre de taille, reprise des
jointoiements des pierres
• Amélioration de l’étanchéité sur les rampes d’accès, et repose des pavés
• Restauration de l’ensemble du tablier – poutres de maintien et câbles de suspente :
changement des lames du tablier, des quatre poutres cantilever qui raccordent l’ouvrage en
bois aux culées en pierre
• Traitement des fissures des poutres de bois
• Traitement fongicide et insecticides de tout l’ouvrage
Les travaux ont été réalisés en maintenant la circulation :
• Fluviale sous l’ouvrage en permanence
• Piétonne en permanence
• Des véhicules en dehors des heures de travail
Les travaux se sont terminés le 8 juillet 2005.
LE PONT DE LA MARNE
HIER

Le premier pont fut achevé en 1859. Jusqu’à cette époque, l’unique moyen pour passer d’une rive à l’autre de la Marne était de traverser à la rame ! L’ouvrage comportait une pile centrale et deux arcs métalliques. Il fut malheureusement détruit en 1870 lors de la guerre avec les Prussiens.
L’ouvrage fut rétabli en 1873, mais ne connu pas un meilleur sort : il fut saboté en 1914-1922, toujours à deux travées, mais cette fois en maçonnerie.
Comble de malchance, le nouvel ouvrage subit le même destin au cours de la guerre 39-45.
En effet en 1940, l’armée française le fit sauter pour freiner la progression des Allemands. Cette délicate mission fut confiée à un ingénieur du Génie du nom de Jean Sauvy.
Dans son journal de bord, le jeune homme racontera ce que fut pour lui ce premier acte de
résistance : « Placé le 11 juin à la tête d’une section de sapeurs, secondé par un sergent, je me mets immédiatement à l’ouvrage, appliquant sans trop de mal sur le beau pont d’Esbly, les méthodes de minage que j’ai maintes fois répétées sur les ponts de chemin de fer de Paris à Versailles, à l’entrée de la ville ».
Une nouvelle passerelle en bois fut mise en place. Malgré sa vétusté et son interdiction aux
véhicules de plus de 8 tonnes, il servit au franchissement de la Marne, les 27 et 28 août 1944, aux chars américains de 35 tonnes de l’armée du général Bradley !
AUJOURD’HUI
Le pont que nous connaissons, réalisation de l’ingénieur français Eugène Freyssinet, fut mis en service en 1949.
D’une seule portée, il mesure 74 mètres. Particularité de l’ouvrage, l’utilisation de la technique du béton préfabriqué et précontraint (évitant les distorsions et les fissures), mise au point par Freyssinet lui-même.
À ce sujet, Esbly peut s’enorgueillir de posséder le premier grand pont au monde de ce type. Il servit d’ailleurs de prototype à la construction de quatre ouvrages identiques à Tribardou, Annet-sur-Marne, Ussy et Changis-sur-Marne. Tous les cinq ont été fabriqués dans une usine provisoire à Esbly, en bordure du canal de Chalifert, le long du chemin des Aulnoyes. Aujourd’hui, on peut encore apercevoir les vestiges de l’usine, près du stade municipal d’Esbly.
Le souvenir du franchissement du pont a été marqué par une première plaque de commémoration installée sur la passerelle en bois puis, par une deuxième scellée le 27 août 1950 sur le parapet du pont actuel, côté Esbly. Celle-ci fut malheureusement détruite lors d’un accident de la circulation.
À l’initiative du Souvenir Français, une troisième plaque fut inaugurée le 27 août 1994, lors d’une cérémonie commémorative du 50ème anniversaire de la libération d’Esbly.
Aujourd’hui, le pont est quotidiennement emprunté par de nombreux automobilistes mais il n’est pas rare de croiser quelques pêcheurs aux bords de l’ouvrage
L’ÉDIFICE
L’église Saint-Jean-Baptiste a été édifiée par Monseigneur Charlet, abbé-prieur de Verdelot et seigneur du village à l’emplacement du pressoir banal, et fut inaugurée le 24 juin 1692.
Il s’agit d’un édifice à trois nefs. L’abside est de forme semi-circulaire et porte la longueur de
l’édifice à 26 mètres. Côté sud, les deux collatéraux s’achèvent par une façade en quart de
cercle. Côté nord, les deux chapelles sont formées par la dernière travée de ces collatéraux et créent un transept. Une croix latine apparaît à l’extérieur.

Le tiers inférieur du fût octogonal du clocher est plein et revêtu d’un bardage en ardoises. La partie haute renferme le beffroi et huit baies à claire-voie y sont disposées. On accède dans le clocher par une trappe dans le plafond au-dessus de la tribune. Le chœur de l’église abrite un retable de 1695 qui représente le baptême de Jésus par saint Jean Baptiste. Il est signé Labbé et porte l’aigle aux ailes déployées du blason Charlet, famille d’Esbly éteinte pendant la Révolution.
Le maître-autel, avec ses portes latérales, date du XVIIe siècle. Le cul-de-four de l’abside a reçu un décor peint en 1935, œuvre de M. Camus, habitant d’Esbly, représentant le Sacré Cœur.
Près du sanctuaire, l’abbé Charlet fit déposer une cassette qui renfermait des pièces d’or et
d’argent ainsi que toutes les monnaies qui avaient cours à cette époque. La cassette contenait en outre une pièce ornée du portrait de l’abbé Charlet fondateur sur une face et le portail sur l’autre.
QUAND THÉRÈSE-MARIE SONNE LE « SI »
Thérèse-Marie rythme vos journées mais vous ne la connaissez sans doute pas. C’est le nom de la cloche d’Esbly, qui depuis 1938, accompagne les grands moments de votre vie.
La cloche d’Esbly a été baptisée le 8 octobre 1938. Le cérémonial de la « consécration » (terme officiel du baptême) ressemble à s’y méprendre à celui d’une personne : Thérèse-Marie fut ainsi revêtue d’une aube blanche. Elle reçut l’onction en présence de ses parrain
et marraine : Gilbert Moritz et Liliane Dumareille, deux enfants du catéchisme représentant les paroissiens.
C’est l’évêque de Meaux, monseigneur Evrard, qui bénit le sel et l’eau, lava la cloche avec le liquide béni, et lui donna son nom de baptême : Thérèse-Marie.
Ce 8 octobre, on imagine que toute la population fut rassemblée dans l’église Saint-Jean-Baptiste aux côtés du maire, Paul Desagneaux. Tant de paroissiens et bienfaiteurs avaient participé, à leur façon, à la fabrication de la cloche ! Soit en donnant des clous et de
la ferraille, soit en remettant sa contribution à L’abbé André Marguier.

Façonnée dans les célèbres fonderies d’Annecy, Thérèse-Marie, 325 kg, se mit à sonner le « si » dans Esbly.
Sur son ventre, figure une inscription : « je sonne la paix, la concorde des âmes en toi, Dieu tout puissant, que tous s’aiment en t’aimant ».
Comment sonne-t-on les cloches ?
Depuis 1905, c’est le maire qui régule, par arrêté municipal, les sonneries de cloche de l’église sur la commune en accord avec l’autorité cultuelle.
Thérèse-Marie sonne l’Angélus trois fois par jour à 8h05, 12h05 et 19h05. Elle sonne toutes les heures de 7h à 22h.
Vous l’entendez à chaque cérémonie religieuse, mariage, baptême, communion et enterrement.
Elle ne peut pas sonner à des fins civiles, sauf en cas de danger immédiat.
DEUX TABLEAUX DE L’ÉGLISE RESTAURÉS
Deux toiles de 1995, « le baptême du Christ » et « La Sainte-Famille », ont pu retrouver leur place dans l’église d’Esbly.
Les deux peintures, classées par les Monuments historiques, ont subi une restauration
remarquable. Scalpel, injections, nettoyage par aspiration et brossage : les deux tableaux ont été soumis à un véritable travail chirurgical. Le résultat est impressionnant : les visages
réapparaissent, débarrassés de l’épaisse couche de vernis oxydé.
Le projet de restauration, d’un coût total de 28 949 €.HT, a largement bénéficié des aides
publiques : la DRAC Île-de-France a subventionné le projet pour moitié, le Conseil Général de Seine-et-Marne a contribué à hauteur de 30%, 20% restant à la charge de la commune.
Patrimoine religieux et historique.


Les deux huiles sur toile sont signées Nicolas Labbé, peintre doreur du roi.
Elles portent les armoiries des Charlet, derniers seigneurs d’Esbly. Classées aux Monuments historiques depuis 1957, ces œuvres constituent un patrimoine religieux et historique indéniable.
« Je les utilise durant les cérémonies de baptême, et elles m’inspirent lors des messes », affirmait Bruno Beltramelli, ancien prêtre de la paroisse, qui rassemble entre 300 et 400 personnes sur les trois messes du week-end.
Si l’église remplit sa mission de culte, elle est aussi un lieu culturel qui accueille plusieurs concerts par an. Le bâtiment le plus ancien du village est ouvert à la visite. Les Esblygeois comme les touristes seront donc nombreux à pouvoir admirer les peintures et retables restaurés.
Il en est de même pour le pilier de l’église qui cachait des peintures décorées d’une bande de fleurs stylisées au pochoir et un décor de fausses pierres, datant du XVIIème siècle. La restauration a eu lieu 2015.
Enfin, sur le retable qui abrite la statue d’une Vierge à l’Enfant et son tabernacle, le constat avait été fait de filets autrefois dorés à la feuille d’or, de boiseries vermoulues, et d’un état globalement très altéré. La restauration a eu lieu en 2016.
Nicolas Labbé, « painctre » du roi
Les Labbé étaient une dynastie de peintres doreurs. De père en fils, ils s’appelaient tous Nicolas, et signaient donc N… ce qui complique l’attribution de leurs œuvres.
Le premier Labbé connu était attaché à la cour de France sous le règne de Charles IX
(1560-1574).
À l’époque, les artistes étaient considérés comme des artisans. Ils devaient tenir boutique, et avoir des apprentis. Contre le gîte et le couvert, ces apprentis devaient au Maître un
certain nombre d’années de travail. À l’issue de leur contrat, ils devaient présenter leur «chef d’œuvre» pour devenir Maîtres à leur tour.
Il est possible que les deux retables restaurés constituent le « chef d’œuvre » de Nicolas Labbé, reçu Maître à l’Académie de Saint-Luc en 1699.
Une rue de la Résistance des Champs Forts à Esbly porte le nom de Nicolas Labbé.
Les églises de nos villages renferment de petits trésors que nous vous offrons de découvrir au travers de petits films réalisés par Jacques Piedeloup, passionné d’art religieux. Ces reportages sont de petits chef-d’œuvre.
En effet, si vous avez le loisir de visiter les villes et villages du coin, vous aurez peut-être la
déception de trouver l’église fermée.
Mais si vous disposez d’un smartphone, le QR code apposé à l’entrée de l’église, comme par magie, vous permettra de visionner le film consacré à l’église.
C’est là la vocation première de la réalisation de ces petits films !
Ci-dessous, voici le QR code apposé sur l’église d’Esbly

Joséphine Baker (1906-1975) est une icône artistique, une résistante engagée et une militante pour l’égalité.
Née en 1906 à Saint-Louis, dans le Missouri (États-Unis), Joséphine Baker grandit dans un contexte de ségrégation raciale et de grande précarité. Très jeune, elle commence à travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, tout en développant une passion pour la danse et la scène.
Elle quitte l’Amérique dans les années 1920 pour s’installer à Paris, où elle rencontre un immense succès avec ses spectacles de cabaret. Sa fameuse danse de la ceinture de bananes, ses chorégraphies audacieuses et sa personnalité solaire font d’elle une vedette incontournable des Années folles.
Elle devient rapidement l’une des premières grandes stars noires internationales et un symbole de liberté et d’émancipation.
Mais derrière l’artiste se cache une femme profondément engagée. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle fait partie de la Résistance, transmettant des messages codés et hébergeant des réfugiés. Elle reçoit pour son courage plusieurs distinctions, dont la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance. Elle est également faite Chevalier de la Légion d’honneur.
Dans les années 1950 et 1960, elle prend part aux luttes pour les droits civiques aux États-Unis, notamment aux côtés de Martin Luther King, avec qui elle défile lors de la Marche sur Washington en 1963.
Refusant le racisme et l’intolérance, elle adopte douze enfants venus de tous horizons – sa célèbre « tribu arc-en-ciel » – pour prouver que la diversité est une richesse. Joséphine Baker décède à Paris en 1975.
En 2021, elle entre au Panthéon, devenant ainsi la première femme noire à y reposer, en reconnaissance de son parcours exceptionnel au service de l’art, de la liberté et de l’humanité.

Samuel Paty est une figure de l’engagement républicain, défenseur résolu de la liberté d’expression et de l’esprit critique.
Né en 1973 à Moulins, dans l’Allier (France), Samuel Paty se consacre très tôt à l’enseignement, convaincu que l’école est le socle de la démocratie et de l’émancipation individuelle. Devenu professeur d’histoire-géographie, il enseigne longtemps en Seine-et-Marne, notamment au collège des Blés d’Or de Bailly-Romainvilliers, avant d’enseigner au collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, en région parisienne.
Pédagogue passionné, il croit profondément aux valeurs de la République, à la laïcité, au respect et à la liberté de conscience. En octobre 2020, dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, il choisit d’aborder la question des caricatures satiriques, avec bienveillance et rigueur, dans un souci d’éveiller l’esprit critique de ses élèves.
Cet engagement pour l’éducation et la citoyenneté lui coûte tragiquement la vie, il est assassiné le 16 octobre 2020 dans un attentat terroriste, en pleine rue, pour avoir accompli sa mission d’enseignant.
Sa mort bouleverse la France entière, suscitant une onde d’émotion et de solidarité au sein de la communauté éducative et bien au-delà. À travers lui, c’est toute la République qui est visée, et tout un pays qui se lève pour rappeler l’importance du savoir, du débat et de la liberté de penser.
Le 27 octobre 2020, un hommage national lui est rendu dans la cour de la Sorbonne, haut lieu de la pensée et du savoir. À cette occasion, le président de la République déclare : « Samuel Paty est devenu le visage de la République ».
En 2021, Samuel Paty entre symboliquement au Panthéon de la mémoire nationale.
Son nom figure désormais parmi ceux des héros de la République, en reconnaissance de son engagement en faveur de l’éducation, de la tolérance et de la liberté.

Jean Moulin (1899-1943) est une figure de la Résistance, un héros républicain et un martyr de la liberté.
Né en 1899 à Béziers dans une famille républicaine, Jean Moulin se distingue très tôt par son engagement au service de l’État. À seulement 26 ans, il devient le plus jeune préfet de France.
En 1940, alors préfet de Chartres, il refuse de signer un faux rapport de l’occupant nazi accusant injustement des soldats coloniaux. Ce refus marque son entrée en résistance, fidèle aux valeurs de justice, de vérité et de liberté.
En 1941, il rejoint Londres et le général de Gaulle, qui lui confie une mission essentielle qui est d’unifier les mouvements de Résistance, alors encore dispersés.
Sous le pseudonyme de « Rex », il traverse la France occupée avec discrétion et détermination. Grâce à son intelligence, sa ténacité et son sens du devoir, il parvient à fonder en 1943 le Conseil national de la Résistance, rassemblant partis, syndicats et mouvements clandestins autour d’un objectif commun : libérer la France et préparer le retour de la République.
Quelques semaines plus tard, il est arrêté près de Lyon par la Gestapo.
Torturé par Klaus Barbie, il ne livre aucun secret. Jean Moulin meurt sans avoir parlé, fidèle jusqu’au bout à son engagement.
Le 19 décembre 1964, ses cendres sont transférées au Panthéon. Dans un discours devenu historique, André Malraux lui rend hommage en déclarant : « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… ».
Figure centrale de la Résistance française, Jean Moulin reste le symbole du courage, de l’unité et de l’honneur face à l’oppression.

Missak Manouchian (1906-1944) et Mélinée Assadourian (1913-1990) épouse Manouchian sont deux figures de la résistance et du combat antifasciste, des symboles de courage et de fidélité aux idéaux républicains.
Nés respectivement en 1906 à Adiyaman et en 1913 à Aïntab, dans l’Empire ottoman, Missak et Mélinée Manouchian survivent au génocide arménien avant de trouver refuge en France, terre d’accueil et d’espérance. Très tôt, ils s’engagent dans les luttes sociales et politiques, convaincus que justice et liberté sont indissociables.
Poète et intellectuel, ouvrier typographe, Missak milite au sein du Parti communiste et rejoint la Résistance armée contre l’occupant nazi.
Mélinée, elle aussi militante, le soutient activement et agit au sein du réseau FTP-MOI, constitué de résistants étrangers, unis dans un même idéal : défendre la France, leur pays d’adoption, contre la barbarie.
Missak est arrêté en novembre 1943 avec ses compagnons.
Tous sont torturés, condamnés à mort et exécutés le 21 février 1944 au Mont-Valérien.
Mélinée, devenue veuve à 30 ans, survivra à la guerre et consacrera sa vie à honorer leur mémoire et celle des résistants oubliés.
L’histoire du groupe Manouchian, longtemps ignorée, est devenue le symbole d’une France résistante, diverse et solidaire.
Le 21 février 2024, à l’occasion du 80ème anniversaire de l’exécution de Missak et de ses camarades, le couple Manouchian entre au Panthéon.
À travers eux, c’est la mémoire des résistants étrangers et les valeurs universelles de la République qui sont honorées.

George Sand (1804-1976) est une figure majeure de la littérature française. Pionnière de l’émancipation féminine, elle incarne une pensée libre, engagée et profondément humaniste.
Née en 1804 à Paris sous le nom d’Amantine Aurore Lucile Dupin, elle grandit dans l’Indre, où la nature et la vie rurale nourrissent son imaginaire. Très tôt, elle choisit la voie de l’écriture, défiant les normes sociales de son époque. À l’âge adulte, elle vit en Seine-et-Marne, notamment à Fontainebleau, où elle vient régulièrement se ressourcer et écrire.
Autrice prolifique, elle publie sous le pseudonyme masculin George Sand pour se faire une place dans un monde littéraire dominé par les hommes.
Ses romans, tels que « La Mare au Diable » ou « Consuelo », célèbrent les humbles, la justice sociale et la quête d’indépendance. Elle donne aussi une voix aux femmes, revendiquant pour elles les droits à l’éducation, au travail, à la liberté de penser et d’aimer.
Femme de lettres, mais aussi femme d’action, elle s’engage politiquement lors des révolutions de 1830 et 1848, défendant la République, les droits du peuple et l’égalité. Intellectuelle respectée, elle entretient une riche correspondance avec les grandes figures de son temps, de Victor Hugo à Gustave Flaubert.
Liberté de ton, passion pour la vérité et fidélité à ses idéaux: George Sand incarne une modernité avant l’heure.
Elle meurt en 1876 à Nohant, une œuvre immense, et une vie où création artistique et engagement citoyen ne font qu’un.
Aujourd’hui encore, George Sand demeure une source d’inspiration pour toutes celles et ceux qui aspirent à un monde plus libre et plus juste.

Pierre Curie (1859-1906) et Marie Skodowska (1867-1934) épouse Curie, sont deux figures de la science et de l’engagement au service du progrès humain.
Ils incarnent la rigueur, l’humilité et la quête de connaissance.
Nés respectivement en 1859 à Paris et en 1867 à Varsovie (Pologne), Marie et Pierre se rencontrent à la fin du XIXe siècle, unis par leur passion commune pour la physique et la recherche. Ensemble, ils entament une aventure scientifique sans précédent.
Leur travail sur la radioactivité, mené dans des conditions modestes, révolutionne la compréhension de la matière.
En 1898, ils découvrent deux éléments chimiques, le polonium et le radium, ouvrant la voie à d’immenses avancées médicales et scientifiques.
En 1903, ils reçoivent, avec Henri Becquerel, le prix Nobel de physique.
Marie Curie recevra un second Nobel, en chimie, en 1911 devenant la première personne à être doublement récompensée.
Leur engagement ne s’arrête pas aux laboratoires, durant la Première Guerre mondiale, Marie Curie équipe des ambulances radiologiques pour soigner les blessés sur le front.
Pierre meurt tragiquement en 1906. Après la mort tragique de son mari en 1906, Marie poursuivra leur œuvre avec une ténacité remarquable, formant aussi la génération suivante, dont leur fille Irène, future prix Nobel elle aussi.
Scientifiques exigeants et discrets, ils refusent de breveter leurs découvertes, convaincus que le savoir appartient à l’humanité.

Jean-Claude Brialy (1933-2007) est une figure du cinéma français, esprit libre et touche-à-tout du monde culturel. Il incarne une génération d’artistes épris de modernité, de légèreté et de profondeur.
Né en 1933 à Aumale, en Algérie française, il découvre très jeune le théâtre et le cinéma, où il révélera bientôt un talent singulier.
Acteur emblématique de la Nouvelle Vague, il tourne avec les plus grands réalisateurs : François Truffaut, Claude Chabrol, Éric Rohmer, Jean-Luc Godard, et devient un visage familier du renouveau cinématographique des années 1960.
Dans ses rôles souvent nuancés, se mêlent ironie, élégance et tendresse, faisant de lui l’un des comédiens les plus appréciés de sa génération.
Mais Jean-Claude Brialy ne se limite pas au grand écran. Metteur en scène, écrivain, directeur de théâtre, il cultive l’art sous toutes ses formes, toujours guidé par une insatiable curiosité. Il dirige pendant plus de vingt ans le Théâtre des Bouffes-Parisiens et participe activement à la vie culturelle française.
Homme d’esprit et de cœur, il assume son homosexualité dans une époque encore marquée par les tabous, et milite à sa manière pour la liberté d’être soi. Son autobiographie, « Le Ruisseau des singes », révèle un homme sensible, cultivé et fidèle à ses amitiés.
Jean-Claude Brialy s’éteint en 2007 dans sa demeure seine-et-marnaise de Monthyon, où il vécut près de 50 ans. Il la lègue alors à la ville de Meaux, qui l’ouvre au public en 2023.
Il laisse derrière lui une oeuvre dense et variée, avec notamment plus de 200 films et de nombreuses pièces de théâtre.

Robert Badinter (1928-2024) est une figure de la République, un avocat humaniste et un artisan infatigable des droits de l’Homme.
Né en 1928 à Paris dans une famille juive, il est profondément marqué par la déportation et la mort de son père au camp d’extermination de Sobibor (Pologne), durant la Seconde Guerre mondiale. Ce traumatisme fondera son engagement contre la barbarie et pour la dignité humaine.
Devenu avocat, il consacre sa carrière à la défense des libertés et à la lutte contre l’injustice.
Brillant orateur, il s’illustre dans de nombreux procès, plaidant souvent en faveur de ceux que la société rejette. Son combat emblématique reste celui contre la peine de mort : après des années de mobilisation, il parvient, en tant que garde des Sceaux sous la présidence de François Mitterrand, à faire adopter son abolition en 1981.
Robert Badinter ne cessera ensuite de défendre les principes d’humanité, de droit et de raison. Sénateur, président du Conseil constitutionnel, professeur de droit, il œuvre pour une justice respectueuse des droits fondamentaux, en France comme à l’international.
Homme de lettres et de réflexion, il laisse aussi une œuvre écrite importante, où se mêlent mémoire, éthique et combat pour la liberté.
Jusqu’à ses derniers jours, il reste une conscience vive de la République, une voix ferme et sereine face à la haine, à l’arbitraire et à l’oubli.

Barbara (1930-1997) est une des grandes figures de la chanson française.
Née à Paris sous le nom de Monique Andrée Serf, elle est issue d’une famille juive. Son enfance est marquée par la guerre et la clandestinité durant l’Occupation, des événements qui laisseront une empreinte durable sur son œuvre.
Passionnée très tôt par la musique, elle suit des cours de piano au Conservatoire de Paris avant de se tourner vers le chant.
Elle débute dans les cabarets parisiens à la fin des années 1940, interprétant des chansons d’auteurs comme Brel ou Brassens, avant de s’imposer progressivement comme autrice-compositrice-interprète.
Elle choisit le nom de scène Barbara en hommage à sa grand-mère et à l’héroïne d’un poème de Prévert.
C’est dans les années 1960 qu’elle connaît la reconnaissance du grand public, grâce à des chansons telles que « Dis, quand reviendras-tu ? », « Nantes », ou encore « Göttingen », symbole de réconciliation franco-allemande.
Avec « L’aigle noir » (1970), elle atteint un immense succès populaire.
Son style se distingue par une voix grave et émotive, un piano épuré, et des textes profondément personnels, empreints de mélancolie, d’amour et de souvenirs douloureux.
Barbara a longtemps vécu dans sa demeure seine-et-marnaise de Précy-sur-Marne qu’elle immortalise dans sa chanson « Précy Jardin ».
Artiste exigeante et libre, elle se produit dans les plus grandes salles et explore aussi le théâtre musical, notamment avec la création de « Lily Passion » en 1986.
Engagée dans la société, elle milite activement pour la prévention contre le sida, pour les droits des femmes et en faveur de la jeunesse.
Barbara s’éteint le 24 novembre 1997 à Neuilly-sur-Seine. Son œuvre, à la fois pudique et puissante, continue d’influencer de nombreux artistes et touche encore profondément le public, bien au-delà des générations.

Simone Veil (1927–2017) est une figure majeure de l’histoire politique de la France.
Née à Nice dans une famille juive, elle est arrêtée avec sa famille en 1944 et déportée à Auschwitz-Birkenau (Pologne) à l’âge de 16 ans. Elle y perd son père, sa mère et son frère. Rescapée des camps, cette expérience tragique façonne profondément son engagement en faveur de la justice, de la dignité humaine et de la mémoire de la Shoah.
Après la guerre, Simone Veil entreprend des études de droit et de sciences politiques, puis devient magistrate. Elle œuvre notamment à l’amélioration des conditions de détention et à la protection des mineurs. En 1974, elle est nommée ministre de la Santé par le président Valéry Giscard d’Estaing. Elle devient célèbre pour avoir porté, en 1975, la loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Malgré les attaques violentes et misogynes qu’elle subit à l’Assemblée nationale, elle incarne le courage politique et la défense des droits des femmes.
En 1979, elle est élue première présidente du Parlement européen, devenant ainsi un symbole fort de réconciliation et d’unité européenne. Elle poursuit ensuite sa carrière politique comme ministre d’État, membre du Conseil constitutionnel et présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.
Simone Veil n’a cessé de défendre les valeurs humanistes, la construction européenne, l’égalité entre les sexes, et le devoir de mémoire. Son intégrité, sa force morale et son sens du service public en ont fait une personnalité profondément respectée et admirée.
En 2010, elle est élue à l’Académie française.
Elle décède le 30 juin 2017. En hommage à son œuvre, elle est inhumée au Panthéon en 2018, aux côtés de son époux Antoine Veil.
Simone Veil demeure une conscience vive de la République et un modèle de courage, de lucidité et de compassion.

Ferdinand Foch (1851–1929) est une figure majeure de l’histoire militaire française et un artisan de la victoire alliée lors de la Première Guerre mondiale.
Né à Tarbes, dans une famille catholique et patriote, il suit une brillante formation à l’École polytechnique puis à l’École de guerre, où il devient un professeur influent et un théoricien respecté.
Lorsque la guerre éclate en 1914, Foch commande d’abord le 20ème corps d’armée, puis des groupes d’armées sur différents fronts. Malgré des débuts difficiles, il se distingue par sa ténacité lors de la bataille de la Marne. En mars 1918, alors que l’offensive allemande menace les Alliés, il est nommé commandant suprême des forces alliées sur le front de l’Ouest. Grâce à sa coordination des troupes alliées et sa stratégie méthodique, il organise les contre-attaques décisives de l’été 1918.
C’est cette même année qu’il établit son quartier général à Bombons, en Seine-et-Marne, d’où il dirigea les dernières grandes offensives alliées. Il y reçoit, le 23 août 1918, des mains du président Raymond Poincaré, son bâton de maréchal de France.
Le 11 novembre 1918, Foch signe l’armistice dans le wagon de Rethondes. Il est célébré comme un héros national et international, élevé à la dignité de maréchal de France, mais aussi de Grande-Bretagne et de Pologne.
Foch meurt en 1929 à Paris. Il repose aux Invalides, aux côtés des plus grands chefs militaires français.
Pour mieux comprendre l’époque et les combats auxquels il a contribués, le Musée de la Grande Guerre à Meaux, en Seine-et-Marne, propose un regard complet et pédagogique sur le conflit.

Jean Zay (1904-1944) naît à Orléans, dans une famille républicaine et laïque.
Son père, journaliste dreyfusard, et sa mère, institutrice protestante, lui transmettent les valeurs de justice, de liberté et de tolérance.
Il devient avocat, puis entre en politique très jeune.
En 1932, à 27 ans, il est élu député radical-socialiste du Loiret.
En 1936, il est nommé ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts dans le gouvernement du Front populaire, dirigé par Léon Blum.
Il y reste jusqu’en 1939, menant une politique audacieuse et novatrice.
Il réforme l’école pour la rendre plus moderne et plus juste : réduction des vacances d’été pour renforcer l’apprentissage, développement du sport et des activités culturelles à l’école,
encouragement à la recherche scientifique (création du futur CNRS), initiation du projet du Festival de Cannes pour promouvoir un cinéma libre et démocratique.
Jean Zay est l’un des premiers ministres à concevoir l’éducation et la culture comme des leviers d’émancipation individuelle et de cohésion nationale.
Mobilisé lors de la Seconde Guerre mondiale, il tente en juin 1940 de rejoindre le gouvernement en Afrique du Nord. Le régime de Vichy le poursuit pour « désertion », l’arrête, le juge, et l’emprisonne pendant quatre ans. Durant sa détention, il écrit un journal, Souvenirs et solitude, témoignage poignant de son engagement et de son isolement.
Le 20 juin 1944, à quelques jours du Débarquement, il est assassiné par la Milice, organisation collaborationniste fidèle à Vichy. Il avait 39 ans.
Longtemps oublié, Jean Zay est aujourd’hui reconnu comme un grand serviteur de la République. Il a été panthéonisé en 2015, aux côtés d’autres grandes figures de la Résistance. Son action visionnaire en matière d’éducation et de culture, tout comme son destin tragique, en font une figure emblématique de l’engagement républicain.

Marie Poullet, ayant vécu à Paris au 17ème siècle, possédait de nombreux terrains sur la commune d’Esbly, où elle avait également des attaches familiales.
À son décès, elle fit don de l’un d’entre eux, à la Municipalité, d’Esbly pour qu’elle en fasse sa » Place des Fêtes « .
Plus tard, le Conseil Municipal décida de donner le nom de cette bienfaitrice à l’une des rues de la commune afin d’honorer sa mémoire.

En 1910, le Maire, René Arnous-Dessaulsayes, et le Conseil Municipal, décident de procéder à des travaux d’aménagements de cette place publique afin de la pérenniser comme Place des Fêtes de la ville.
Ce faisant, ils donnent suite à la dernière volonté de cette dame Poullet dont l’Histoire a gommé un « L » mais qui aujourd’hui encore reste dans les mémoires.



Jules Lopard (1861 – 1922) est une personnalité emblématique de la ville d’Esbly.
Jusque vers 1930, cette rue s’appelait rue de la Prairie, car elle menait vers ce lieu-dit. Elle porte, aujourd’hui le nom de Jules Lopard, né le 28 janvier 1861 à Tigeaux.
En 1885, Jules reprend l’Hôtel du Chemin de Fer à son frère Edouard, son ainé de 4 ans. Cet hôtel était situé dans la rue du Chemin de Fer, actuellement la rue du Général Leclerc.
Une « réclame » dans le journal local annonce que cet établissement offre des déjeuners et dîners sur commande, propose des cabinets et salons de société, et dispose d’écuries et de remises.
Elle permet aussi de savoir que Jules Lopard effectuait du « camionnage en tous genres » et des déménagements.
Le 9 novembre 1886, il se marie à Esbly. Il est amusant de noter que Jules Lopard portait le même prénom que son père, entrepreneur de flottage, et que la jeune femme qu’il épouse se prénomme Julie… comme sa propre mère !
De cette union naîtront 5 enfants. Jules Lopard s’éteint, à son domicile du 1, rue du Chemin de Fer, le 23 mars 1922.
En donnant son nom à une rue, la commune d’Esbly honore également l’ensemble de cette famille Lopard, dont différents membres ont marqué la vie locale.

Marcel Fouillot (1912-1984), esblygeois de naissance, s’est illustré tout au long de sa vie par son engagement discret mais profond au service des autres.
Il a été formé à l’école technique de la SNCF, puis au Conservatoire National des Arts et Métiers où il s’est spécialisé dans les communications radio. Il deviendra ensuite directeur technique dans une entreprise parisienne de construction de récepteurs radio.
Déterminé, dès juin 1940, à résister à l’envahisseur nazi, il prend une part active au sein du réseau de renseignement « Marc-France » dont il est, en 1942, le chef adjoint chargé du secteur nord-ouest. Ce sous-réseau français du grand réseau belge « Marc » est démantelé en mars 1943.
Échappant à l’arrestation par la Gestapo, il poursuit la lutte dans la clandestinité en prenant part à des missions de liaison et d’aide à l’évasion des aviateurs alliés.
À la libération d’Esbly il prend la tête du comité de libération et forme avec M. Champagne le Conseil Municipal dont il est le Maire-Adjoint de 1944 à 1947.
Son engagement dans la vie publique le conduira à devenir Maire d’Esbly de 1953 à 1977 afin de répondre aux enjeux démographiques, environnementaux et de modernisation.
Face au « baby-boom » il créera le premier « Cours complémentaire » du canton qui deviendra le Collège Louis Braille. La réponse à la demande d’accès au logement des jeunes Esblygeois sera apportée par la promotion de la diversité de l’habitat dans l’urbanisation du coteau sud des « Champs Forts » .
Face aux crues de la Marne et du Morin auxquelles Esbly est exposée par sa géographie, il mettra un terme à l’inondation du centre-ville par la mise en place d’un système de pompage en renfort des digues naturelles. Il luttera inlassablement pour la prévention des inondations en amont et la protection des zones humides, comme la coulée verte entre le stade et la Porte à bateaux. Citons aussi la déviation du CD5 qui a permis la suppression des passages à niveau, la création d’un réseau d’assainissement, etc.
Marcel Fouillot s’est éteint en 1984, laissant derrière lui le souvenir d’un homme simple, courageux et profondément humain.
Le Centre de Loisirs sera inauguré en 1987 à son nom, afin de lui rendre hommage.


Nouvelles dénominations de rues et bâtiments
La Municipalité d’Esbly a engagé en 2024, une démarche de valorisation de son patrimoine communal en attribuant un nom à certains lieux encore anonymes, en ajustant des dénominations existantes, et en créant de nouvelles identités pour plusieurs espaces publics.
19 panneaux ont été réalisés, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2025, afin de rendre hommage aux personnalités choisies pour incarner ces lieux et perpétuer leur mémoire. Retrouvez leur histoire dans les rubriques dédiées ci-dessus.




























